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lundi 24 février 2014

Violence d'Etat / communiqué collectif de Rezé NDDL

Communiqué de presse du 23 février 2014 | 
Collectif de Rezé contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes


col.reze.contre.aeroport.nddl@riseup.net

NANTES, CAPITALE EUROPÉENNE
DE LA VIOLENCE D’ÉTAT [...]

Sans doute inspirée par l'exemple ukrainien, la Préfecture de Loire-Atlantique, avec la bénédiction des porteurs du projet, a entrepris d'interdire la manifestation du 22 février 2014 contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais, parce qu'il est encore impossible en France d'interdire une manifestation de cette ampleur, elle a en entrepris le sabotage systématique. Récit.


Nantes en état de siège


Samedi, plusieurs heures avant le début de la manifestation, le centre-ville de Nantes est en état de siège : trois mille policiers mobilisés, des dizaines de rues barrées par des grilles, des
canons à eau ultra-visibles, des fourgons alignés par dizaines, de place en place, des policiers en civil déjà en action, des contrôles au faciès. À partir de midi, il devient difficile d'accéder au point de ralliement, seul trois accès étant restés ouverts aux manifestants. Toute la journée, un hélicoptère survole la manifestation. Le soir, la ville est soumise à un véritable couvre-feu, les transports publics sont arrêtés. Le droit de manifester est suspendu dans le centre-ville de Nantes, la Préfecture viole les libertés constitutionnelles, privatise l'espace public, empêche la circulation des citoyens, provoque tous les manifestants, empêche le déroulement raisonné de la manifestation.


Construction policière du désordre


Raccourci de moitié, le trajet de la manifestation, pourtant longuement préparé par la coordination des opposants au projet, est devenu trop court pour accueillir les manifestants : plus de 50 000, la plus grosse mobilisation jamais organisée contre ce projet absurde. Empêchant la manifestation de s'étirer vers l’Île de Nantes ou d'emprunter l'itinéraire prévu, la Préfecture multiplie les provocations et organise la saturation de la zone comprise entre la croisée des trams et la Petite Hollande. La Préfecture, après avoir interdit le centre-ville et l’Île
de Nantes aux manifestants, laisse se construire des scènes de désordre. Des dizaines de policiers lourdement équipés sont à quinze mètres de la poignée de jeunes qui détruit le local de la TAN. Après avoir évacué la croisée des trams et les rues voisines, des centaines de policiers laissent le même groupe brûler des aubettes sans intervenir, ni faire intervenir les pompiers. Le choix de ce dispositif policier totalement extravagant conçu pour produire des images de désordre montre à nouveau la policiarisation de la métropole nantaise.


Dérive policière nantaise


Quand on n'a pas d'arguments, on mobilise la police. Depuis 2007, et notamment l'évacuation des pelouses du Rectorat à coups de flash-ball, les interventions policières agressives se multiplient en région nantaise. Déferlement policier depuis l'opération César de 2012 et ses nombreux blessés, nouveaux éléments du mobilier urbain nantais : le fourgon policier et la patrouille, principaux invités du Voyage à Nantes : gendarmes et policiers logés à l'année dans des hôtels Ibis, Formule 1, « tranquillité publique » de la Ville de Nantes gérée par d'anciens responsables des RG, samedi, lancers de lacrymogènes sur des familles avec enfants, des personnes âgées, etc.


L'interdiction de manifester dans le centre-ville de Nantes est une première historique et une grave violation des droits constitutionnels.


Nous sommes en colère d'avoir dû manifester dans une ville soumise à l'état de siège et contre ces élus qui vantent la démocratie dite participative et applaudissent la violation des droits constitutionnels. Il n'est de pires sourds que ceux qui utilisent des grenades assourdissantes pour défendre l'indéfendable. « Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la ZAD ? »


Il est largement temps d'abandonner l'absurde projet de nouvel aéroport et de retirer l'extravagant dispositif policier.
Ici et là-bas, on lâche rien.

Conseils d'urgences + conseils complémentaires

Conseils d’urgence à l’intention des personnes gravement blessées par la police à Nantes le 22 février, par Luc Douillard.

(à transférer aux familles concernées) 

Matériel récupéré dans les rues de Nantes, au lendemain de la manifestation du 22/02/2014.
Matériel retrouvé dans les rues de Nantes, au lendemain de la manifestation du 22/02/2014.

CONSEIL MÉDICAL

Contrairement au gaz lacrymogène générateur d’angoisse mais non invalidant, les blessures générées par d’autres matériels de police, notamment lorsqu’elles touchent le visage, peuvent provoquer des mutilations permanentes, voire la mort.
Il s’agit en particulier de deux nouvelles armes (dont l’usage s’est généralisé sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy) :
1 – les grenades assourdissantes ou désencerclantes
2 – les balles en caoutchouc de la famille du « gomme cogne »: le Flash-Ball et le plus récent et performant « Lanceur de balles de défense » LBD40 avec lequel il est souvent confondu. Ce dernier est plus dangereux, parce qu’équipé d’une visée laser très précise qui permet techniquement de mutiler volontairement un visage. Les policiers ont abondamment utilisé tout ces types d’armes samedi 22 février, il faudra réussir à déterminer lesquelles dans chaque cas.
Sauf grande chance, vous aurez affaire si vous êtes blessé aux yeux à des médecins ophtalmologues qui ignorent les effets de ces armes, qui n’ont jamais eu accès à la littérature médicale du Laboratoire scientifique et technique de la Police, dont les expertises sont tenues secrètes. Cela constitue par ailleurs un réel scandale républicain et un cas flagrant de traitement cruel, inhumain et dégradant (selon le droit international), alors que ces armes sont employées sur des jeunes gens, y compris des mineurs.
Les diagnostics des ophtalmologues et médecins comme leurs prescriptions risquent donc d’être erratiques.
Gardez bien ceci à l’esprit : les balles en caoutchouc peuvent provoquer des lésions parfois très graves sur des organes internes (la rétine d’un œil, le cerveau, le foie), sans lésion externe de type coupure ou plaie apparente.
On peut ainsi conseiller de traiter en urgence des œdèmes qui peuvent se former (par exemple sur la rétine avec des conséquences définitives) et ceci sans attendre un examen impossible du fond de l’œil les premiers jours.

Matériel récupéré dans les rues de Nantes, au lendemain de la manifestation du 22/02/2014.
Matériel retrouvé dans les rues de Nantes, au lendemain de la manifestation du 22/02/2014.

CONSEIL JURIDIQUE

Si vous choisissez de porter plainte, sachez que, sans avoir choisi un avocat (pas urgent, ne vous précipitez pas), vous pouvez immédiatement adresser une plainte par simple lettre en recommandé auprès du Procureur de la République auprès du Tribunal de Grande Instance.

Dans cette lettre, vous porterez plainte « contre X » (pour n’exclure ni les exécutants, ni la chaîne de commandement) et vous porterez le plus grand soin à la qualification des faits qui peut être la suivante :
« Violence volontaire avec arme », et « complicité de violence volontaire » avec la triple « circonstance aggravante » qu’elle a été commise par un ou des « fonctionnaires en charge de l’autorité publique », « dans l’intention de provoquer une mutilation permanente », en groupe organisé. (éventuellement mentionner la tentative d’homicide ?)
D’autre part, dans la même lettre, vous pourrez indiquer que vous demandez au Procureur d’ouvrir une enquête sur ces faits, en la confiant si possible à des juges d’instruction indépendants, en recommandant à titre provisoire, de prévenir tout de suite « la destruction, la dissimulation ou l’altération de preuves nécessaires à la justice ».
Vous pouvez réclamer :
  • la saisie immédiate de PV de tirs censés avoir été rédigés par la police (et autre corps de force de l’ordre déployés : gendarmerie, et au sein de la police : CDI, BAC, CRS etc.)
  • les traces photos et vidéos des forces de l’ordre.
  • les documents comptables (entrées-sorties) en munitions des armureries concernées, les dotations, les habilitations à tirer, les formations suivies, etc.
Une fois cette lettre envoyée, vous pouvez en faire part à la presse par un simple communiqué ou autre moyen plus élaboré.
Vous devriez être sollicités ensuite par l’Inspection de la police (IGS ou IGPN). Ne soyez pas impressionnés par ces fonctionnaires s’ils cherchent à vous faire endosser la responsabilité d’actes délictueux durant la manifestation, ou de vous faire reconnaître sur des photos de manifestants masqués. Restez sur vos gardes, n’hésitez pas à reporter un entretien en cas de fatigue, demandez à être accompagné par un proche ou un avocat, ne vous laissez pas intimider.

Une procédure contre l’État (moins éprouvante que la procédure pénale contre un policier) est proposée par le groupe « face aux armes de la police ». Plusieurs procédures sont en cours dans divers tribunaux administratifs.

Courage et amitié.

Il existe un site national d’assistance aux victimes des mutilations policières au visage (réalisé depuis Nantes): Lien ici.

Personne blessée le 22 septembre 2014 à Nantes par un Lanceur de Balles, LBD 40.
Personne blessée le 22 février 2014 à Nantes par un Lanceur de Balles de Défense, LBD 40.
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Conseils complémentaires : Sur le site Dormirajamais

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dimanche 23 février 2014

Jimmy Gazar blessé gravement à l'œil le 22 février 2012

Tir de flash-ball au Chaudron : Jimmy Gazar auditionné

Publié : mercredi 19 février 2014

Jimmy Gazar a été auditionné ce mercredi par le juge d’instruction. L’homme a perdu l’usage d’un oeil suite à un tir de flash-ball en 2012.

Ce mercredi, Jimmy Gazaar, était auditionné par le juge d’instruction. L’homme avait l’usage d’un oeil après un tir de flash-ball le 23 février 2012 au Chaudron. Il met en cause les policiers.

"J’ai pu observer que le témoignage des policiers était faux car il est impossible", assure Maître Rémi Boniface. "le parquet a eu l’imprudence de poursuivre Jimmy Gazar et Rémy Sidat avant d’avoir pu lire le dossier de l’enquête", affirme-t-il.

"La police des polices, c’est son métier d’enquêter, de savoir qui a fait quoi", rappelle Maître Rémi Boniface, "si on peut profiter de leur présence pour gagner du temps parce que ça fait deux ans que les faits se sont produits."

Emeutes : l’affaire Jimmy Gazar de nouveau au tribunal

Publié : mardi 4 septembre 2012
 
Info Réunion - Emeutes : affaires Jimmy Gazar au tribunal (photo archives)

Accusé de violences envers les policiers lors des émeutes du Chaudron, Jimmy Gazar doit comparaître ce mardi au tribunal correctionnel de Saint-Pierre.

L’affaire examinée ce mardi au tribunal correctionnel de Saint-Denis est liée aux violentes émeutes qui ont secoué la Réunion les nuits du 22 et du 23 février 2012. Lors de ces nuits agités, Jimmy Gazar est arrêté et emmené au commissariat pour avoir participé aux émeutes avant d’être transféré au CHU de Bellepierre pour être opéré.

Ce trentenaire affirme être la victime d’une terrible méprise, disant s’être retrouvé par erreur mêlé aux émeutiers. Poursuivi pour "violences envers des policiers" lors des émeutes du Chaudron, Jimmy Gazar nie en bloc ces accusations. Expliquant qu’on l’a confondu avec quelqu’un d’autre, il dénonce un tir de flash-ball à l’origine de sa grave blessure à l’oeil.


Jimmy Gazar avait été appelé à comparaître le 8 juin dernier devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis "pour violences envers des policiers". Finalement, l’affaire avait été renvoyée à ce mardi suite à une demande de renvoi formulée par Maître Rémi Boniface - l’avocat de Jimmy Gazar - et appuyée par le Procureur de la République. L’avocat demandait des expertises médicales supplémentaires.

Le prévenu âgé de 36 ans et originaire de Saint-Denis est suspecté d’avoir été l’un des membres "actifs" des émeutiers dans la nuit du 22 au 23 février dernier, jetant de galets sur les forces de l’ordre, plus précisément sur les membres du Groupe d’intervention de la Police Nationale (GIPN). Mais Jimmy Gazar a toujours crié son innocence. Selon lui, il aurait été pris à parti par les forces de l’ordre alors qu’il circulait dans le quartier sans participer aux émeutes.

Sa vie a basculé cette fameuse nuit. Pris dans la bousculade, il a reçu un projectile au visage et définitivement perdu l’usage de son oeil. "Je ne sais même plus comment faire pour vivre, je ne comprends plus le sens de ma vie, je ne dors plus, j’arrête pas de penser à cette scène qui me détruit tous les jours", confiait -il en juin dernier. Cette affaire est de nouveau examinée par le tribunal correctionnel de Saint-Denis ce mardi.

Emeutes : Jimmy Gazar crie son innocence

jeudi 7 juin 2012 à 19:11
 
Info Réunion - Jimmy Gazar crie son innocence

Jimmy Gazar poursuivi pour violences sur des policiers lors des émeutes du Chaudron réfute ces accusations et affirme même avoir perdu l’usage de son oeil à cause d’un tir de flash-ball.

Agé de 36 ans, Jimmy Gazar doit s’expliquer demain devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour violences sur des policiers lors des dernières émeutes du Chaudron en février dernier (cf linfo.re : Emeutes au Chaudron). Des accusations qu’il nie farouchement, rapporte le Journal de L’île. Le trentenaire estime être une victime et non un émeutier. En effet, lors des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, il a été sévèrement touché au visage et a perdu l’usage de son oeil. 

Agent technique de profession, le trentenaire affirme s’être retrouvé impliqué dans les émeutes par erreur. Selon ses dires, il se serait retrouvé rue de la Gare au mauvais moment et au mauvais endroit, soit dans la nuit du 22 au 23 février. Le quartier du Chaudron est alors le théâtre de violentes émeutes et il se retrouve malgré lui pris dans ces échauffourées.

Actuellement poursuivi par la Justice pour avoir jeté des galets sur des membres du Groupe d’intervention de la Police Nationale (GIPN), il nie avoir jamais agi volontairement à l’encontre des policiers et a déjà porté plainte contre la police. En effet, ce soir là, il est blessé au visage, arrêté puis emmené au commissariat avant d’être transporté au CHU de Bellepierre.

Pour son avocat, Maître Rémi Boniface, son client est innocent et il est inadmissible qu’il ait été blessé aussi grièvement lors de son arrestation. "Est ce qu’il est possible qu’une personne innocente se voit crever l’oeil puis traîner sur un banc d’infamie par ceux-là même qui sont chargés de faire respecter la loi", explique l’avocat. 

S’estimant victime d’une grave injustice, il est aujourd’hui déterminé à obtenir réparation et a porté plainte contre les policiers. Pour lui, les forces de l’ordre l’ont confondu avec un autre individu. Cette nuit a bouleversé à jamais sa vie. "Je ne sais même plus comment faire pour vivre, je ne comprends plus le sens de ma vie, je ne dors plus, j’arrête pas de penser à cette scène qui me détruit tous les jours", confie t-il. 

Profondément traumatisé, le jeune homme réclame que "Justice soit faite". Il est convoqué demain devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour répondre à des accusations de violence sur les policiers. Il a par ailleurs déjà porté plainte contre la police. 

Source : Le Journal de l’Ile

Emeutes au Chaudron

Publié : mercredi 22 février 2012 
   Voir la vidéo   
La nuit a été violente au Chaudron : la tension est montée d’un cran dans le quartier et de violentes échauffourées ont mobilisé les forces de l’ordre pendant des heures. Plusieurs individus ont semé la terreur en brûlant des poubelles et des véhicules. Jets de cailloux, magasins pillés... . Armés de cocktails Molotov, les émeutiers ont été visés par les gaz lacrymogène pour assurer le retour au calme.

Dès 21 heures mardi 21 février, le Chaudron s’est enflammé. La nuit a été très agitée au centre du quartier et les forces de l’ordre ont dû quadrillé la zone pour tenter de maintenir l’ordre. Plusieurs individus n’ont pas hésité à casser et piler les magasins, brûler des poubelles...

En milieu de soirée, plusieurs dizaines d’émeutiers se sont regroupés autour du Jumbo Score. Au fil de la nuit, plus de 200 émeutiers étaient sur le macadam, fermement décidés à tout casser. Plus de cinquante représentants des forces de l’ordre étaient présents pour faire face aux émeutiers.

Les forces de l’ordre ont sécurisé le Jumbo Score en bloquant la zone. Les émeutiers ont ensuite emprunté l’avenue Leconte Delisle. Plusieurs commerces ont été pillés. Plusieurs dizaines de policiers sont arrivés en renfort vers 23 heures. Ils ont commencé à charger quelques minutes plus tard à coup de bombes lacrymogène et de tirs de flashball. Face aux forces de l’ordre, les émeutiers n’ont pas hésité à répliquer avec des cocktails molotov et des pierres.

Ce matin, le calme est de retour mais le quartier garde les traces de ces violentes émeutes. Poubelles brûlées, jets de galets... Les habitants se réveillent sous le choc et de nombreux dégâts sont à déplorer. 

vendredi 21 février 2014

18 février 2014, 4 policiers en garde à vue à la Réunion

Sur IPréuinion

Affaire de la BAC - Steve parle des quatre policiers sur sa page Facebook

"MI ESPÈRE ZOT VA PAYER - DORT DANS CACHOT"

Ce mardi 18 février 2014, à 19h49, le jeune Steve - l'adolescent victime d'un tir de flash-ball lui ayant coûté un oeil - a publié un message sur page Facebook suite à la prolongation de la garde à vue des quatre fonctionnaires mis en cause : "Sa me rend heureux de voir les 4 policiers en garde a vue !! 
 
MI ESPÈRE ZOT VA PAYER - DORS DANS CACHOT"
Illustration : Steve FB
Pour rappel, Steve a toujours affirmé avoir assisté en tant que spectateur aux violences urbaines qui ont agité le Port dans la nuit du samedi 1er février au dimanche au février 2014. Il souligne qu'il n'a pas jeté de galets ou dégradé des commerces. Il ajoute s'être mis à courir lorsqu'il a vu un groupe de manifestants poursuivis par la police se diriger vers lui."On a couru dans une ruelle. La BAC a fait le tour. Et moi je suis tombé. J’étais par terre et on m’a tiré dessus. Au visage. Dans l’œil... J’étais plein de sang et on m’a frappé aussi après. Plusieurs coups de pieds au corps et un au visage" a raconté le jeune homme au Journal de l’île de La Réunion. 

Steve ajoute "il (le policier - ndlr) est sorti de sa voiture, il a tiré, il m’a frappé et m’a laissé comme ça (...) C’est comme s’il avait la rage (...) Les autres policiers dans la voiture lui ont dit d'arrêter (...) Ils disaient : c'est bon, c'est bon, laisse-le, il a compris."

Les quatre policiers de la Bac nient cette version des faits. Ils affirment, notamment, ne pas avoir tiré à bout portant sur le jeune homme. Des négations que ne retient pas Maître Jacques Hoarau, avocat de Steve. "Il n'y a pas d'élements pour dire que Steve est un menteur" a-t-il noté ce mercredi au palais de Justice. "Il a été touché par un tir de flash-ball alors qu’il était inoffensif et qu’il était à terre. Steve n’a toujours eu qu’une seule version, donc évidemment il l’a maintenue jusqu’à maintenant" a-t-il insisté.

C'est la première fois depuis les faits que Steve donne publiquement son sentiment sur le comportement supposé des quatre policiers de la Bac.

www.ipreunion.com


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 Source : www.ipreunion.com - Publié le 21/02/2014

Affaire Steve - Les fonctionnaires n’ont pas été suspendus par leur hierarchieLes quatre policiers de la BAC du Port affectés au garage et aux archives


 
Les quatre fonctionnaires de la BAC du Port mis en examen pour "violences volontaires avec usage d’une arme ayant entraîné une mutilation" dans l’affaire ayant coûté un oeil au jeune Steve n’ont pas été suspendus par leur hiérarchie. Ce jeudi 20 février 2014, ils ont été affectés au garage et aux archives du commissariat de Malartic à Saint-Denis. Des affectations répondant aux exigences du contrôle judiciaire leur interdisant d’exercer sur la voie publique, de porter une arme et de se rendre sur le territoire du Port. Pour rappel les policiers sont également mis en examen pour non assistance à personne en danger et modification de la scène de crime. En effet, selon des sources proches de l’enquête, dans la nuit du samedi 1er février au dimanche 2 février 2014, peu après les faits supposés, les fonctionnaires seraient revenus sur les lieux. Cela afin de retrouver l’élément en caoutchouc éjecté après chaque tir de P40. C’est un coup tiré par cette arme puissante, utilisée pour "la dispersion de groupes hostiles", qui aurait mutilé Steve.

Si les fonctionnaires de la BAC (brigade anti criminalité) du Port son ressortis libres, ce mercredi 19 février 2014, à l’issue des auditions menées par la juge d’instruction, les accusations courant à leur encontre demeurent d’ordre criminel. Ils font en effet l’objet d’une information judiciaire ouverte pour "violences volontaires avec usage d’une arme ayant entraîné une mutilation" et ont été mis en examen avec les circonstances aggravantes de "violences commises en réunion et par des dépositaires de l’ordre public", comme l’a indiqué ce mercredi le procureur de la République de Saint-Denis Philippe Muller.

Selon ce dernier, le tir ayant touché Steve était ainsi bien "volontaire sur un individu et non pas un tir de dispersion". Une opinion que le procureur s’est forgée suite aux déclarations faites par les quatre policiers lors de leurs 48 heures de garde à vue. Une garde à vue au cours de laquelle ils ont été traités comme n’importe quel justiciable, passant deux nuits en cellule et n’étant pas ménagés par les enquêteurs de l’IGPN lors des interrogatoires.

C’est d’ailleurs au cours de ces auditions que l’un d’entre eux a reconnu avoir tiré au P40 - une arme plus puissante qu’un flash-ball - en direction de Steve, tout en maintenant la thèse d’un tir accidentel. Et c’est également suite à ces interrogatoires qu’est apparue l’accusation de "modification de la scène de crime".

Philippe Muller a en effet indiqué mercredi que les quatre fonctionnaires étaient revenus sur les lieux "entre 10 minutes et 1h30 après les faits supposés", et ce afin de "récupérer des éléments qui se trouvaient au sol". Selon des sources proches de l’enquête, les policiers de la BAC seraient en effet repartis pour retrouver l’élément en caoutchouc éjecté après chaque tir de P40, la douille restant elle à l’intérieur de l’arme. Cette accusation de "modification de la scène de crime" est la plus grave après celle de "mutilation" sur la personne de Steve.

Avec la mise hors service des quatre policiers, c’est toute l’activité de la brigade anti-criminalité du Port qui est mise en sommeil. Quatre des cinq fonctionnaires de la BAC de jour ont donc été réaffectés à Saint-Denis, au garage et aux archives, et certains des cinq membres de la BAC de nuit sont en arrêt maladie. Et dans le milieu policier, à moins d’une mutation par obligation de service, il ne devrait pas y avoir beaucoup de volontaires pour rejoindre les équipes du Port.
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réunion Source : www.ipreunion.com - Publié le 19/02/2014

Ils ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaireAffaire BAC-Steve : les quatre policiers sont ressortis libres

 
Après avoir été auditionnés pendant plusieurs heures par le juge d’instruction ce mercredi 19 février 2014, les quatre policiers de la BAC du Port ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Mais ils sont ressortis libres du tribunal de Saint-Denis, en début d’après-midi. "Ils ont tous été auditionnés aujourd’hui. Ils ont enfin été entendus, ils ont expliqué leur position, ça s’est bien passé, donc ils sortent libres aujourd’hui, avec quelques obligations, mais ils peuvent rentrer chez eux. Je pense que c’est important que leur version soit entendue dans ce dossier et pas uniquement celle de l’autre partie", a souligné maître Céline Cauchetin, avocate de l’un des policiers mis en cause.

Alors qu’ils craignaient une éventuelle mise en détention provisoire, les policiers rassemblés devant le tribunal ont accueilli la nouvelle de leur libération avec satisfaction. "Nos quatre collègues sont placés sous contrôle judiciaire et ont été entendus par la juge d’instruction. Ce qui prouve bien que les zones d’ombre ont été levées de part et d’autre. Cela prouve également que la partie adverse qui accuse nos collègues n’a pas dit toute la vérité", estime ainsi Gilles Clain, secrétaire départemental de l’Unité SGP Police-FO.

"Je rappelle que nos collègues sont présumés innocents jusqu’à preuve du contraire, que notre organisation syndicale et les policiers ici présents nous soutenons nos collègues et leurs familles pour qui ça n’a pas été facile", a-t-il ajouté, indiquant également que "pour l’instant rien n’a été fait administrativement, mais il y aura certainement des décisions qui seront prises par l’administration centrale".

Du côté de l’UNSA Police également, l’information est arrivée comme un soulagement. "Qu’ils échappent à la détention provisoire, c’est une grosse satisfaction", confie le secrétaire départemental Daniel Rivière. "Maintenant on va pouvoir étudier les faits sereinement et déterminer les manquements de la hiérarchie", ajoute-t-il.

jeudi 13 février 2014

1 février 2014 : Steve a perdu son œil [suite...]


 www.ipreunion.com

Après le tir de flash-ball ayant coûté un oeil à un adolescent au Port

Forces de l'ordre : l'usage des armes et la légitime défense en question

Confiée à l'IGPN (Inspection générale de la police nationale), une enquête va être menée pour faire la lumière sur les circonstances ayant conduit un policier à tirer au flash-ball, touchant au visage un adolescent de 16 ans, dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 février 2014 au Port, le jeune garçon y ayant laissé un oeil. Au coeur du dossier se trouve notamment la question de l'usage des armes par les forces de l'ordre, mais aussi la notion de légitime défense, parfois délicate à déterminer à l'image d'autres affaires ayant eu lieu à La Réunion par le passé.
 
 
Deux versions s’affrontent concernant le déroulé des événements ayant coûté un œil au jeune Steve, dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 février au Port. Du côté des policiers, on affirme que le tir de flash-ball responsable des blessures de l’adolescent était un "tir de dispersion" et qu’aucun fonctionnaire n’a mis le pied à terre. En revanche, plusieurs témoins prétendent avoir vu les policiers descendre de leur véhicule et poursuivre le garçon âgé de 16 ans avant de tirer.
Toujours est-il que le procureur de Saint-Denis va ouvrir une information judiciaire pour des faits présumés de "violences volontaires par dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une infirmité", posant ainsi la question de l’usage des armes par les forces de l’ordre.
"Le flash-ball s’utilise dans des conditions particulières de la légitime défense et notamment dans une manifestation où nos collègues sont assaillis par des manifestants avec des jets de pierres", explique Thierry Flahaut, secrétaire régional de l'Unité SGP Police - Force Ouvrière, interrogé par Radio Festival. "Se trouvant en état de légitime défense, ils ont tout loisir d’utiliser leur arme, notamment le flash-ball. Les autres armes utilisées, comme le cougar (un lance-grenade, ndlr) ou les grenades, ce sera sur ordre de l’autorité, mais le flash-ball, comme notre arme à nous individuelle, ce sera en cas de légitime défense", complète-t-il.
Dans la nuit de ce samedi 1er février, les forces de l’ordre ont fait face à des manifestants munis de galets. Mais le tir de flash-ball mis en cause a-t-il pour autant été effectué dans une situation de légitime défense ? Un "tir de dispersion" entre-t-il dans ce cadre ? L’enquête de l’IGPN devra répondre à ces questions. Car comme le rappelle Maître Laurent Payen, avocat au barreau de Saint-Denis, toujours au micro de Radio Festival, les policiers "sont soumis aux mêmes règles que tout citoyen, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas faire usage de leur arme comme bon leur semble".
"S’ils blessent ou s’ils tuent une personne avec leur arme de service hors des cas qui pourraient le justifier légalement, les policiers ont à répondre de leurs actes", poursuit Maître Payen. "Au niveau judiciaire, ils peuvent très bien se retrouver devant un tribunal correctionnel ou devant une cour d’assises", ajoute-t-il.
Il existe d’ailleurs quelques précédents à La Réunion. Les dockers, mais aussi les Portois, gardent notamment en mémoire l’épisode du 7 mars 1994 où une manifestation avait dégénéré. Devant l'enceinte portuaire du Port-est, le docker Théo Hilarion avait été victime d'un coup de feu tiré par l'un des gendarmes mobiles qui faisaient face aux manifestants et avait définitivement perdu l'usage d’un œil. En juin 2008, après plusieurs procès, le gendarme et l'officier accusé d'avoir couvert les faits avaient toutefois été acquittés par la cour d'assises.
Plus récemment est survenu également le cas de Nassuir Oili, un garçon de 9 ans ayant également perdu un œil suite à un tir de flash-ball lors d’une manifestation contre la vie chère à Mayotte, en octobre 2011. Là encore, le gendarme incriminé invoquait la légitime défense, mais les trois ans d’enquête ont conclu à un crime. Le militaire mis en cause a été renvoyé devant la cour d’assise le 5 décembre dernier.

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Un tir de flash-ball a coûté un oeil au jeune portois

Courrier des lecteurs : "Steve : victime d'une politique !"

Le samedi 1er février 2014 restera un grand jour pour les pétroliers et les gérants de stations, gogos manipulés, alors regroupés à la SRPP du Port pour faire leur spectacle. Comme souvent dans de pareilles situations des échauffourées éclatent la nuit entre forces de l'ordre et jeunes. Feux de poubelles, de pneus, cassages de vitrines puis alors échanges de jets de galets et de grenades lacrymogènes ... avec d'autant moins de retenue dans cette Cité à forte identité créole que le face-à-face se fait souvent en présence "de renforts extérieurs."
 
Et puis, des dégâts matériels et hélas des victimes aussi. De part et d’autres. Et même des victimes collatérales. Steve, 16 ans, en est une. Il a eu le tort d’être à l’extérieur sur la trajectoire d’un projectile policier. Il faut dire que pour les jeunes de son âge, ils n’ont connu des forces de l’ordre que des agents obligés à la culture du chiffre (par les retours du fameux état 4001), une police militarisée par des unités spécialisées, déshumanisées, ... par les scènes de déploiements de CRS escortés par la BAC pour des opérations qui n’ont rien à voir avec le maintien de l’ordre, par les robots cops, les ninjas à la détente facile, etc. Les plus anciens pourront nous le dire. Existe-t-il encore aujourd’hui des forces de sécurité de proximité dans les quartiers, qui circulent à pied (îlotage) plutôt qu’en voiture et discutent avec les habitants ? La réponse est non. Le sentiment général qu’éprouve la population envers sa police est l’intention répressive.

Steve est mon élève en cours de mathématiques depuis près de deux ans maintenant. Je peux donc affirmer en connaissance de cause qu’il s’agit d’un garçon élégant, assidu et studieux. Un adolescent qui s’était déjà trouvé. Un kaf la soie, comme on dit ici, encore plus posé en 1ère qu’en seconde. Je ne peux donc pas l’imaginer en train de caillasser des fonctionnaires. Hier soir, à ma grande stupeur, j’ai appris par une collègue qu’il avait perdu un œil. Par une présumée balle perdue d’un flashball. Je suis tout simplement effondré. Parce qu’au fond, Steve est victime d’une politique. Une politique sécuritaire !

En effet, qu’est-ce qui a bien pu changer à l’intérieur, sous la gauche dit-on, depuis 2012 ? Fondamentalement, rien. Rien, parce que le ministre Manuel Valls a tout simplement choisi de mettre ses pas dans ceux de Sarkozy. Etrangement, lui-aussi est très proche d’Alain Bauer, ancien conseiller de N. Sarkozy et intellectuel organique du complexe politico-sécuritaire. Sans doute, Valls rêve-t-il en son for intérieur d’un destin présidentiel en suivant la même voie que Sarkozy. Son idéologie, leur commune obsession reposent sur les fameux 3i " Insécurité, Identité et Immigration ".

Député, Valls n’hésitait déjà pas à voter dans le même sens que les députés de droite (émeutes de 2005). Maire d’Evry, il sur-dote sa ville de caméras de surveillance et équipe sa police municipale, dont les effectifs ont explosé, d’armes de 4ème catégorie à telle point qu’elle n’a rien à envier à celle de Nice.

En réalité, cette politique doit cesser. Nous pourrions développer ce qui serait une politique de sécurité de gauche. Nous nous contenterons de renvoyer nos lecteurs au livre de Fr. Delapierre – Délinquance : les coupables sont à l’intérieur – aux éditions Bruno Leprince. Mais, philosophiquement, quand on se déclare de gauche, on n’accepte jamais la condamnation d’innocents. Rappelons-nous l’affaire Dreyfus. La France coupée en deux. D’un côté, les dreyfusards qui affirment l’impératif respect du droit, de la justice et de la vérité en toute circonstance. C’est en réalité la France de 1789-93 qui est y défendue, la France des Droits de l’homme et de l’universalisme républicain. Ils ont pour nom Jaurès, Clémenceau, Anatole France, Zola, ... A droite, en revanche, on n’accepte mal d’innocenter un coupable. On aura alors tendance à sur-réagir. C’est ce qui hélas se passe aujourd’hui trop souvent dans notre police. Et, trop souvent encore à La Réunion. Dans d’étranges circonstances puisque de fait, cette affaire fait penser à celle de Théo Hilarion survenue il y a vingt ans.

Steve va devoir maintenant se reconstruire. Surmonter sa mutilation. Une mutilation d’Etat. Si nous avons entendu le Préfet, représentant de l’Etat, nous informer de l’état de santé du gendarme blessé ce soir-là, nous ne pouvons hélas pas en dire autant au sujet de Steve. Et ce n’est pas la venue de l’IGPN (la police des polices) dans l’île qui nous ne convaincra de l’impartialité de l’enquête interne. La bataille de l’opinion s’impose donc pour que Steve soit considéré de bout en bout avec les égards qui s’imposent dans la recherche des responsabilités. Nous serons en tout cas, copains de classe, enseignants et Portois à ses côtés dès son retour. Courage à toi, nous t’embrassons.

Jean-Hugues Savigny
Militant du Parti de Gauche