libellés

dimanche 3 novembre 2013

Flashball pour Florent Castineira


LE MIDI LIBRE

Montpellier : le légiste valide l’hypothèse d’un tir de flash-ball dans l'affaire Casti

YANICK PHILIPPONNAT
03/11/2013

Florent Castineira, dit Casti, a perdu un œil lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. (© D.R)
Ce jeune supporter de football du MHSC avait perdu un oeil lors d’incidents avec la police, en septembre 2012, près de la Mosson à Montpellier.
C’est un tir de flash-ball, direct, l’expertise exclut toute autre hypothèse". Dans l’affaire de Florent Castineira, dit Casti, ce supporter qui a perdu un œil lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, le 21 septembre 2012, à proximité de La Mosson, lors du match Montpellier- Saint-Étienne, Me Corbier, partie civile, se félicite de la nouvelle pièce qui vient d’être versée au dossier.
À savoir, le rapport rendu par le légiste chargé d’examiner la victime. Le médecin conclut que la blessure provient de cette arme des policiers - qui tire des balles en caoutchouc - et qu’il n’y a pas pu avoir de rebond.

"Il faut appeler un chat, un chat : c’est une bavure"

"Il ne s’agit pas d’une bombe de désencerclement ou d’une bombe artisanale assène Me Corbier. Et ça conforte la position qui est la notre depuis le début. Depuis des mois on nous dit “ce n’est pas un flash-ball“. Il faut appeler un chat, un chat : c’est une bavure".
Ce soir-là, un équipage de la Bac (brigade anticriminalité) avait pisté un supporter porteur d’un fumigène jusqu’à se retrouver au niveau des buvettes, au milieu des Ultras qui préparaient la rencontre. Florent Castineira, lui, dommage collatéral, était tranquillement assis lorsqu’il a été atteint à l’œil. Chaque camp se renvoie la responsabilité des violences et une information judiciaire est toujours en cours pour “violence avec arme “.

Une enquête en faveur des agents

Mais au début de l’été, l’IGPN, la “police des polices “, au terme de son enquête s’est prononcé en faveur des agents : "les conditions de la légitime défense semblent réunies. Il semblerait que les fonctionnaires de police se soient retrouvés dans une situation où leur intégrité physique ait été menacée et que l’emploi du flash-ball et de la grenade de désencerclement ait été justifié." concluent les “bœufs carottes“.
Mais Me Corbier, qui vient de saisir la chambre de l’instruction pour que d’autres compléments d’enquête soient réalisés, n’en démord pas : "Casti ne faisait pas partie de ceux qui avaient une embrouille avec les policiers, il a été blessé, c’est une bavure".

dimanche 13 octobre 2013

11 octobre 2013 : A propos du délibéré // texte de Pierre

Rennes 11 octobre 2013 : parodie de Justice, dernier épisode
Non-récit du délibéré du procès en appel


Vendredi 11 octobre, 8 heures,
De grosses gouttes et pluie et un vent glacial nous accueillent dans la Métropole Rennaise. Déjà l'automne.

C'est le sixième automne depuis que j'ai été touché de plein fouet au milieu d'une foule de manifestants lycéens : un policier cagoulé avait ajusté le canon de sa nouvelle arme sur mon visage. C'était en 2007. J'avais 16 ans.

Le tireur, Matthieu Léglise est un récidiviste, il s'était porté volontaire pour tester le LBD alors en expérimentation. Un de ses terrains d'expérience : les cortèges de lycéens.

Matthieu Léglise avait continué à parader en uniforme, armé, dans les rues nantaises les mois et les années qui ont suivi. Faire comparaître ce policier au bout de plusieurs années est déjà le fruit d'un combat âpre, de longue haleine. Je me heurtais au mur kafkaïen de l'État français, autrement plus armé, solide et organisé que moi.

En mars 2012, le tribunal de Nantes, noir, lugubre, pris en étau par une multitude de fourgons bleus, avait prononcé la relaxe du policier tireur.
« Il n'avait fait qu'obéir aux ordres »
Nous avons fait appel contre cette carte blanche qu'un Juge nantais avait offerte à toutes les polices pour mutiler en toute impunité. Offrant une jurisprudence favorable pour tireurs au flashball.
Plus d'un an plus tard, en juin 2013, je plaidais sans intermédiaire, face aux magistrats de la Cour d'Appel de Rennes. Je rappelais que la police avait menti à d'innombrables reprises, détruit des éléments du dossier (Procès verbaux de tirs, films policiers au moment des tirs), mais que mon cas n'était pas isolé. Il faisait partie d'un tout, d'une offensive sécuritaire de militarisation des policiers, d'impunité garantie. Plusieurs dizaines de personnes ont été gravement blessées ou tuées depuis ma blessure en 2007.

Cette Cour sera-t-elle moins soumise à la terreur qu'exerce la police nantaise ?

Le délibéré est alors annoncé pour octobre 2013.
« On est dans un État de Droit »
C'est l'argument éructé par un uniforme pour justifier le barrage policier mis en place par ses collègues pour nous empêcher -moi, mes amis, la LDH partie civile- d'assister au délibéré de l'affaire. Je découvre une curiosité dont je n'avais encore jamais entendu parler : le délibéré à huis clos, où l'on empêche aux plaignants d'assister aux audiences qui les concernent. Le Juge rennais rend un délibéré clandestin. Et tout cela, au nom du Droit.
Les policiers prétendent qu'il n'y a pas de place, comme ils l'avaient déjà prétendu aux audiences qui avaient précédé : ils mentent. Ils font entrer devant nous plusieurs personnes, tout en nous bloquant. Les journalistes ont eu -pour certains- plus d'informations que je n'ai pu en avoir sur ma propre affaire.
« J'en ai rien à foutre »
Ajoute le même policier quand je le préviens que je ferai connaître cette nouvelle mascarade judiciaire, l'intimidation, le mépris que nous sommes en train de subir.

De toute évidence, des ordres ont été donnés : filtrer les gêneurs. Les autres peuvent rentrer, pas nous. Nous sommes bloqués devant le portique de sécurité du Tribunal par les forces de l'Ordre.

Je pouvais raisonnablement m'attendre à la lâche décision de confirmer la relaxe du tireur. Je n'avais par contre pas imaginé que les magistrats aient besoin d'un rideau de policiers pour éviter qu'un plaignant assiste à la décision qui le concerne.

Un policier lève son majeur en notre direction. Ses collègues sont hilares. Jusqu'au bout, sur le fond comme sur la forme : pathétiques.
« La Cour d'Appel a confirmé la relaxe totale de Mathieu Léglise »
C'est finalement une secrétaire qui me le confirme alors que j'ai du forcer le portique pour pouvoir obtenir l'amorce d'une information. Il est maintenant près de 10 heures, les délibérés ont été lus depuis longtemps. L'argumentaire du Juge ne me sera pas donné ce jour, je ne connaitrais pas sa teneur, j'ai raté le délibéré pour des « raisons de sécurité ».

Jusqu'au bout le cynisme, l'humiliation l'impunité policière règnent. Une énorme machine essaie de détruire une deuxième fois ceux qui tentent de survivre aux violences infligées par les forces de l'Ordre.

On retrouve les mêmes pratiques, les mêmes mensonges, les mêmes intimidations dans les différentes affaires de flashball -et de violences policières au sens large-. C'est le blessé qui se retrouve jugé, accusé. C'est la double peine. Il faut garder la tête haute. Sans illusion.

La police sarkozyste m'a mutilé. La Justice socialiste confirme aujourd'hui la relaxe du policier tireur. Entretemps, les ministres de l'intérieur successifs ont offert des centaines de ces « armes à feu à usage militaire » -selon la terminologie officielle qui catégorise ces objets- que sont les LBD.

Les mutilés se sont multipliés.

Une partie du combat continue au Tribunal Administratif pour faire condamner la chaîne de commandement du policier, l'État qui a armé le tireur. Ce dernier ne sera pas inquiété. C'est une page qui se tourne.

Une pensée pour tou-te-s les blessé-e-s par les armes de la police. Le dernier -à ma connaissance- : Salim, 14 ans, à Trappes cet été.
Ni oubli, ni pardon,

Pierre

Flashball et police municipale à Lyon


RUE89

http://www.rue89lyon.fr/2013/10/11/quartiers-difficiles-lyon-flashball-police-municipal/

Dans les « quartiers difficiles » de Lyon, Collomb équipe sa police municipale de flashball

A un peu mois de six mois des élections municipales, Gérard Collomb a endossé un des habits qu’il affectionne le plus, celui de premier flic de Lyon.
Ce vendredi 11 octobre, sous prétexte d’une présentation à la presse de son nouveau poulain pour la sécurité, l’ex-chef d’état major de la direction de la sécurité publique (DDSP) du Rhône, Christophe Pernette-Tixier, le maire de Lyon a dressé le bilan de sa politique de sécurité, qu’il préfère appeler en novlangue la « tranquillité publique » :
« Lyon est dans le hit parade des villes les plus tranquilles »
A l’approche des municipales, le sénateur-maire socialiste ne tarit pas d’éloge sur son propre bilan :
« Nous avons, en effectifs, la deuxième police municipale de France, après Nice. Et la première sur le plan de la performance ».
Flashball pour la police municipale dans les Zones de sécurité prioritaires
A partir du 15 octobre, cette police municipale sera justement équipée de flashball dans ce que Gérard Collomb appelle les « quartiers qui sont un peu plus difficiles que la moyenne des quartiers ». Les 65 agents de l’Unité mobile d’intervention (UMI) et du Groupe opérationnel mobile (GOM), qui interviennent dans les Zones de sécurité prioritaires (ZSP), disposeront maintenant de 15 flashball, répartis par équipes.
Mais pour le maire et son adjoint à la Sécurité, Jean-Louis Touraine, malgré les demandes de certains syndicats de policiers municipaux, il est toujours hors de question de les doter d’armes à feu.

10% de l’espace sous le regard des caméras de vidéosurveillance

Le maire de Lyon a ensuite insisté sur ce qu’il appelle toujours dans cette même novlangue sécuritaire, la « vidéoprotection », qui va être renforcée avec l’installation de 152 nouvelles caméras dans la ville en 2014. Lyon en compte déjà 262 actuellement. Désormais, c’est 10% de l’espace public qui sera surveillé par les caméras.
Les nouvelles caméras seront réparties dans différents coins stratégiques de la ville :
  • 44 nouvelles en presqu’île
  • 6 à Confluence
  • 4 nouvelles à Gerland
  • 15 dans le Parc Sergent Blandan
  • 50 dans le 8e arrondissement (Etats-Unis et Mermoz sud)
  • 33 sur les nouvelles Rives de Saône

Flashball capable de tuer / Marseille


Marseille : le gomme-cogne, un "mini-flashball" capable de tuer

Par 

Un buraliste marseillais a tiré sur un braqueur de 17 ans avec un fusil à pompe armé des munitions en caoutchouc de cette arme d'autodéfense. De quoi s'agit-il ? 

Le gomme-cogne est capable d'accueillir dans son chargeur des balles contenant du plomb ou des billes. Ce "bricolage" peut transformer le pistolet en arme létale. (Le Nouvel Observateur/Capture d'écran)
Le gomme-cogne est capable d'accueillir dans son chargeur des balles contenant du plomb ou des billes. Ce "bricolage" peut transformer le pistolet en arme létale. (Le Nouvel Observateur/Capture d'écran)
Le gomme-cogne, une arme "défensive" de 7e catégorie vendue entre 150 et 200 euros sous forme de pistolet, dont les munitions ont été utilisées par le buraliste marseillais du Tabac des pins contre l'un de ses braqueurs, tire des balles en caoutchouc de calibre 12 non létales. "C'est une sorte de mini-flashball", indique Yves Gollety, président de la Chambre syndicale des armuriers.
Les dégâts provoqués par les cartouches du gomme-cogne sont plus faibles que ceux occasionnés par des plombs ou des balles conventionnelles. Mais Yves Gollety prévient : "A bout portant ou touchant, tout peut blesser grièvement, y compris avec ce type d'armes."
Certains utilisateurs, comme le buraliste marseillais, n'hésitent pas à insérer les cartouches en caoutchouc dans des armes plus puissantes que de simples pistolets, un fusil à pompe en l'occurrence, afin d'augmenter la violence des impacts. "Une pratique tout à fait légale", déclare Yves Gollety.  
Plus dangereux, le gomme-cogne est capable d'accueillir dans son chargeur des balles contenant du plomb ou des billes. Ce "bricolage" peut transformer le pistolet en arme létale. En septembre 2010, un homme touché au thorax a ainsi été tué à la Réunion avec cette arme. L'auteur du crime a été condamné à une peine de 10 ans de prison.
Pour acquérir ce type de matériel, trois conditions à remplir sont exigées par les armuriers : être majeur, présenter une pièce d'identité et un certificat médical délivré dans les 15 derniers jours.

Adrian de San Isidoro

11 octobre 2013 // A propos du délibéré : dans la presse

France3 Bretagne

Tir de flashball : pas de dédommagements pour le manifestant éborgné

C'était en 2007. Lors d'une manifestation à Nantes (44) contre la loi sur l'autonomie des universités, Pierre Douillard, alors lycéen, perd l'usage d'un oeil suite à un tir de flashball. Il demandait des dédommagements au policier qui l'a blessé, la cour d'appel de Rennes (35) l'a débouté. Par Antonin Billet

Pierre Douillard (à gauche de l'image) a perdu l'usage d'un oeil suite à un tir de flashball lors d'une manifestation en 2007. © C. Rousseau
© C. Rousseau Pierre Douillard (à gauche de l'image) a perdu l'usage d'un oeil suite à un tir de flashball lors d'une manifestation en 2007.
Pierre Douillard participait à une manifestation contre la loi sur l'autonomie des universités en 2007. Lors d'échauffourées, il est gravement blessé à un oeil, dont il a perdu l'usage, par un tir de flashball.

Le lycéen porte plainte mais le tribunal de Nantes (44) relaxe le policier en première instance, en mars 2012. Pierre Douillard, désormais étudiant en histoire, fait alors appel sur intérêts civils. Le délibéré a été rendu ce matin, à Rennes (35) : il a été débouté.

Le jeune homme est venu au tribunal ce matin accompagnés d'amis. Ils n'ont pas pu approcher de la salle d'audience, retenus à l'extérieur par des forces de police.


Sécurité renforcée au tribunal de Rennes (35). © C. Rousseau
© C. Rousseau Sécurité renforcée au tribunal de Rennes (35).
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Tir de flash-ball à Nantes : le lycéen blessé est débouté

Justice vendredi 11 octobre 2013

La cour d’appel de Rennes a débouté le lycéen blessé par un tir de flash-ball, en novembre 2007, à Nantes.

En novembre 2007, lors d’une manifestation à Nantes, un lycéen, âgé aujourd’hui de 22 ans, avait reçu une balle en caoutchouc, tirée par un flash-ball, et avait perdu l’usage de son œil.
Le policier, auteur du tir, avait été jugé par le tribunal correctionnel de Nantes qui avait prononcé une relaxe.

« Déçu et révolté »

L’ancien lycéen avait fait appel de cette décision sur intérêts civils, comme le prévoit la loi. Le jugement de la cour d’appel de Rennes a été rendu ce vendredi matin : le jugement de Nantes est confirmé. Le jeune homme est donc débouté de ses demandes.

« Je suis déçu et révolté, a-t-il commenté ce vendredi matin. Une procédure a été engagée au tribunal administratif. Le flash-ball, utilisé lors de cette manif, était à l’époque en phase d’expérimentation. Il s’est aujourd’hui généralisé. C’est une arme dangereuse qui peut mutiler des gens. »

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